Comprendre
Glossaire
Les mots que vous croiserez sur ce site et ailleurs, définis sans jargon.
- Affabulation
- Récit inventé présenté comme vrai. Terme courant, pas clinique. En psychologie de l'enfant, désigne les histoires imaginaires normales du jeune enfant.
- Confabulation
- Production involontaire de faux souvenirs pour combler des trous de mémoire, d'origine neurologique (syndrome de Korsakoff, lésions frontales). La personne ne ment pas : elle ne sait pas que c'est faux.
- Compulsion
- Comportement répété que la personne se sent poussée à accomplir, souvent contre sa volonté. Le mensonge pathologique est décrit comme compulsif par Curtis et Hart.
- DSM-5-TR
- Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association américaine de psychiatrie, édition révisée de 2022. La mythomanie n'y figure pas.
- CIM-11
- Classification internationale des maladies de l'OMS, en vigueur depuis 2022. La mythomanie n'y figure pas non plus.
- Ego-dystonique
- Se dit d'un comportement ou d'une pensée que la personne vit comme étrangers à elle-même et pénibles. Le mensonge pathologique est souvent ego-dystonique, à l'inverse de la psychopathie.
- Fonctions exécutives
- Ensemble de capacités cérébrales qui permettent de planifier, inhiber une réponse, maintenir l'attention, tenir une information en mémoire de travail. Déficitaires chez les adolescents au profil de mensonge pathologique (2025).
- Gaslighting
- Manipulation qui consiste à faire douter quelqu'un de sa propre perception ou de sa mémoire (« tu inventes », « je n'ai jamais dit ça »). Caractéristique du manipulateur, pas du mythomane, même si les proches de mythomanes finissent souvent par douter d'eux-mêmes.
- Inversion d'habitude (habit reversal training)
- Technique comportementale en trois étapes (conscience, repérage des situations, comportement de remplacement) conçue pour les tics et étendue aux comportements compulsifs, dont le mensonge.
- Menteur prolifique
- Personne qui ment beaucoup plus que la moyenne (environ 10 % de la population), sans forcément en souffrir ni en subir de conséquences. Pas un trouble.
- Mensonge compulsif
- Synonyme courant de mensonge pathologique, avec une insistance sur l'aspect automatique. Pas de diagnostic officiel non plus.
- Mensonge pathologique (pathological lying)
- Terme de la recherche anglophone pour la mythomanie : schéma persistant, envahissant, souvent compulsif de mensonge excessif, avec détresse ou retentissement, depuis plus de six mois.
- Mythomanie
- Mot forgé par Ernest Dupré en 1905 : tendance à altérer la vérité, à inventer des histoires et à simuler des états anormaux. En usage courant en français pour désigner le mensonge pathologique.
- Pathological Lying Inventory (PLI)
- Questionnaire validé en 2024 par Hart, Curtis et Terrizzi, 19 items, six dimensions. Pas de version française validée.
- Pervers narcissique
- Expression française (Racamier, 1986) sans équivalent diagnostique, désignant une personne qui manipule et détruit l'autre pour se protéger elle-même. Souvent confondu avec le mythomane, à tort.
- Pseudologia fantastica (ou phantastica)
- Terme de Delbrück (1891) pour le mensonge pathologique élaboré et durable. Toujours utilisé en anglais et dans la littérature médicale.
- Simulation
- Production intentionnelle de symptômes pour un bénéfice externe (indemnité, arrêt, évitement). Pas un trouble.
- Syndrome de Ganser
- Réponses « à côté » aux questions simples, décrit chez des détenus. Parfois cité à tort comme forme de mythomanie ; il n'y a pas de récit élaboré.
- TCC
- Thérapie cognitivo-comportementale. Approche la plus citée par les thérapeutes pour le mensonge pathologique.
- TCD
- Thérapie comportementale dialectique, conçue pour le trouble borderline, utile quand l'instabilité émotionnelle domine.
- Trouble factice, syndrome de Münchhausen
- Fabrication de symptômes ou de maladies pour occuper le rôle de malade, sans bénéfice externe. Diagnostic officiel. Recouvrement fréquent avec la mythomanie.
- Trouble de la personnalité antisociale
- Diagnostic DSM dont le mensonge répété est un critère. Le mythomane n'est pas nécessairement antisocial : les études de 2020 et 2025 montrent des profils distincts.
Pour aller plus loin
Sources
- Curtis D. A., Hart C. L. (2020). Pathological Lying: Theoretical and Empirical Support for a Diagnostic Entity. Psychiatric Research and Clinical Practice.
- Hart C. L., Curtis D. A., Terrizzi J. (2024). Pathological Lying Inventory. Current Psychology.
- Dupré E. (1905). La mythomanie. Étude psychologique et médico-légale du mensonge et de la fabulation morbides. Persée.
- StatPearls (2024). Pseudologia Fantastica. NCBI Bookshelf.