Comprendre

Ce que dit la recherche, étude par étude

Une page pour les curieux, les étudiants, les journalistes et les proches qui veulent des faits. Chaque étude est résumée avec son échantillon et ses limites, parce qu'un chiffre sans sa limite est un demi-mensonge.

Rédigé par l'équipe mythomanie.com  ·  Relecture clinique : en cours (voir ligne éditoriale)  ·  Mis à jour : août 2026

Les études quantitatives

ÉtudeÉchantillonRésultat principalLimite
Curtis et Hart, 2020, Psychiatric Research and Clinical Practice623 participants en ligne, 22 ans en moyenne, 68 % de femmes8 à 13 % de menteurs pathologiques ; 9,99 mensonges par jour (médiane 7) contre 3,09 ; début entre 10 et 20 ans dans 62 % des cas ; détresse supérieure ; pas plus de diagnostics psychiatriquesÉchantillon auto-sélectionné, jeune, non représentatif. Pas une prévalence en population générale.
Curtis et Hart, 2021, American Journal of Psychotherapy295 psychothérapeutesLa plupart ont rencontré des menteurs pathologiques (faible part de leur file active) ; majorité favorable à un diagnostic autonome ; délai d'aide de 5 ans ou plus ; TCC citée en premierDéclaratif, pas de mesure d'efficacité.
Hart, Curtis et Terrizzi, 2024, Current PsychologyValidation psychométriquePathological Lying Inventory à 19 items, 6 dimensions (excès, compulsion, fonctionnement, détresse, risque, persistance), score 1 à 7Validé en anglais, pas de version française.
Curtis, Hart et Talwar, 2025, Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment512 adolescents de 10 à 18 ans et leurs parents63 profils pathologiques, 9,6 mensonges par jour, déficits cliniques des fonctions exécutives, profil distinct du trouble des conduitesÉchantillon enrichi, non représentatif.
Serota, Levine et Boster, 2010, Human Communication Research1 000 adultes américains1,65 mensonge par jour en moyenne ; 60 % en déclarent zéro ; 5 % des participants produisent près de la moitié des mensongesAuto-déclaration sur 24 heures.
Serota et Levine, 2015, Journal of Language and Social Psychology2 980 Britanniques9,7 % de menteurs prolifiques ; 24 % ne mentent pas un jour typique (contre 60 % aux États-Unis)Différences culturelles dans la déclaration.
Serota, Levine et Docan-Morgan, 2022, Communication Monographs632 étudiants suivis 91 jours, 116 366 mensonges2,03 mensonges par jour ; le 1 % le plus prolifique dépasse 15 par jour ; maximum 200 en un jourÉtudiants uniquement.

Les études de cas et revues

ÉtudeMatérielRésultat
King et Ford, 1988, Acta Psychiatrica Scandinavica72 cas issus de 26 publicationsDébut moyen 16 ans, signalement 22 ans, sex-ratio équilibré, anomalie du SNC dans 40 % des cas, quatre critères
Dike, Baranoski et Griffith, 2005, JAAPLRevue forensiquePlaidoyer pour la reconnaissance ; aucune étude de traitement ; questions de responsabilité et de témoignage
Yang, Raine et al., 2005, British Journal of PsychiatryIRM de 12 menteurs pathologiques, 16 témoins antisociaux, 21 sains+22 à 26 % de substance blanche préfrontale, ratio gris/blanc inférieur de 36 à 42 %. Effectif minuscule, causalité indéterminée.
Modell, Mountz et Ford, 19921 cas, SPECTHypoperfusion du thalamus droit
Silva et al., 2025, European Psychiatry1 cas et revue de 51 articlesInfarctus ancien du thalamus droit ; entité multifactorielle (préfrontal, limbique, thalamus)
Jesus et al., 2022, European Psychiatry1 casFabulation d'une tentative de meurtre qui dévalorise la patiente ; alerte sur la fiabilité des expertises
StatPearls, 2024RevueDébut moyen 16 ans, prévalence inconnue, confrontation contre-productive
L'Encéphale, 2012Clinique psychodynamiqueOrganisation limite, fragmentation narcissique, le mensonge comme maintien du contact avec la réalité
Thérapie familiale, 20141 cas, adolescentPrise en charge familiale d'un adolescent mythomane

Ce que ces études permettent de dire

  • Le mensonge pathologique se distingue du mensonge ordinaire par la fréquence (un ordre de grandeur), la compulsion, la détresse et la durée.
  • Il commence à l'adolescence et dure sans soins.
  • Il peut exister indépendamment d'un trouble de la personnalité.
  • Des corrélats neurologiques existent, mais aucun n'a valeur de cause ni de test.
  • Aucun traitement n'a été évalué par essai contrôlé.

Ce qu'elles ne permettent pas de dire

  • La prévalence réelle en population générale : inconnue.
  • L'efficacité comparée des thérapies : inconnue.
  • La part de l'hérédité : inconnue.
  • Si la mythomanie est une entité ou un carrefour : en débat.

Nous mettons cette page à jour quand une étude paraît. Si vous en connaissez une qui manque, écrivez-nous.

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