Vous mentez. Vous le savez. Vous êtes déjà là.
Cette page est probablement la première que vous lisez sur le sujet sans vous sentir accusé. C'est voulu. Les personnes concernées mettent en moyenne cinq ans avant de demander de l'aide, souvent parce qu'elles ne trouvent aucun endroit où le dire.
Ça part tout seul
Vous n'avez pas prévu de mentir. La phrase sort, elle est plus belle, plus intéressante, plus protectrice que la vérité. Et après, il faut la tenir.
La honte arrive après
Dans l'étude de 2020, la détresse des personnes concernées est nettement plus élevée que celle des autres menteurs. Vous n'êtes pas indifférent. C'est le contraire.
Vous mentez aussi à ceux qui vous aident
C'est l'obstacle numéro un en thérapie, et les thérapeutes le savent. Le dire dès la première séance change tout.
Vous avez déjà essayé d'arrêter
Par la volonté, en vous punissant, en promettant. Ça tient quelques semaines. Ce n'est pas une question de volonté, c'est une habitude installée depuis l'adolescence.
Mentir n'est pas ce que vous êtes.
C'est ce que vous faites, depuis longtemps, pour tenir debout.
Et ce qu'on fait, on peut le défaire.
Par où commencer, cette semaine
Compter, sans se juger
Pendant sept jours, notez chaque mensonge dans un carnet ou votre téléphone : à qui, sur quoi, ce que vous ressentiez juste avant. C'est le premier exercice de l'entraînement à l'inversion d'habitude, et la première chose qu'un thérapeute vous demandera.
Repérer les déclencheurs
Au bout d'une semaine, les situations se répètent : une question sur votre travail, un moment où vous vous sentez moins que les autres, l'envie d'être intéressant. Le mensonge répond à un besoin. Lequel ?
Choisir une personne, une seule
Quelqu'un à qui vous direz : « je mens souvent, j'essaie d'arrêter, je vais peut-être me reprendre devant toi ». Pas pour être pardonné. Pour avoir un endroit où la vérité est possible.
Prendre un rendez-vous
Psychologue ou psychiatre, en cabinet ou en ligne. Vous pouvez écrire la phrase à l'avance : « je viens parce que je mens de façon compulsive depuis des années ». Le parcours de soin vous dit qui, où et combien.
À quoi ressemble une thérapie
Il n'existe pas de « traitement de la mythomanie » au sens d'un protocole validé par des essais. Il existe des thérapeutes qui ont accompagné des personnes comme vous et des approches dont ils rapportent les effets. La plus citée est la thérapie cognitivo-comportementale : identifier les pensées qui précèdent le mensonge, les remettre en question, s'entraîner à des réponses honnêtes, d'abord sur des sujets sans enjeu. L'entraînement à l'inversion d'habitude y ajoute un comportement de remplacement au moment où l'envie monte (prendre une respiration, dire « laisse-moi réfléchir »). Quand l'instabilité émotionnelle est forte, la thérapie comportementale dialectique peut être proposée.
Il n'existe aucun médicament de la mythomanie. Un traitement peut être prescrit pour une dépression ou une anxiété associées, c'est tout. Tout ce qu'on vous promet en pilule, en hypnose express ou en méthode miracle n'a pas de fondement.
Le pronostic dépend surtout de deux choses : votre motivation et la durée de la relation thérapeutique. Beaucoup de personnes vont mieux. Certaines mentent encore parfois, mais ne sont plus gouvernées par le mensonge. C'est une cible réaliste. La page sur le traitement détaille tout cela.