Pour les proches

Un ami, un frère, une sœur qui ment

Vous n'êtes ni son conjoint ni son parent. Vous n'avez pas à tout porter. Mais vous tenez à cette personne, et vous ne savez plus comment lui parler.

Rédigé par l'équipe mythomanie.com  ·  Relecture clinique : en cours (voir ligne éditoriale)  ·  Mis à jour : août 2026

La position de l'ami est la plus libre, et la plus utile

Le conjoint est pris dans la vie commune, le parent dans la culpabilité. L'ami, le frère ou la sœur peut faire ce que les autres ne peuvent pas : rester en relation sans enjeu. C'est précisément ce dont un mythomane a besoin : un endroit où il n'a rien à prouver. Les cliniciens décrivent la bonne posture en une phrase : se désintéresser du récit, s'intéresser à la personne.

Ce que ça donne concrètement

  • Quand il raconte un exploit improbable, ne pas relancer (« et alors ? »), ne pas contester (« ce n'est pas vrai »), ne pas applaudir. Passer à autre chose, ou revenir à lui : « et toi, ça va en ce moment ? »
  • Quand il raconte un drame (maladie, deuil, agression) que vous soupçonnez inventé : ne pas enquêter. Prendre la détresse au sérieux sans valider les faits : « ça a l'air dur. Tu veux qu'on se voie ? »
  • Quand vous avez la preuve d'un mensonge : le dire une fois, en privé, sans dossier : « Je sais que ce n'est pas ce qui s'est passé. Je ne t'en veux pas. Je préfère qu'on se parle vraiment. » Puis laisser tomber. Vous n'obtiendrez pas d'aveux complets et ce n'est pas le but.
  • Quand il ment devant d'autres et que ça vous implique : vous n'avez pas à confirmer. Un silence, un « je ne sais pas », suffisent. Vous n'avez pas non plus à le démasquer publiquement.

Frère et sœur : l'histoire commune

Vous avez grandi dans la même maison, ce qui donne à la fratrie un avantage et un piège. L'avantage : vous savez d'où ça vient, les moments où il a commencé à inventer, ce qui se passait alors. Le piège : reprendre les rôles de l'enfance (celui qui couvre, celui qui dénonce, celui qui répare). Si vos parents vieillissent, la question de l'argent et de l'héritage surgit tôt ou tard ; les mensonges financiers sont fréquents, et il vaut mieux que les choses soient écrites.

Quand s'éloigner

Vous avez le droit de prendre de la distance si les mensonges vous coûtent : argent prêté, réputation engagée, fatigue. Dites-le simplement, sans ultimatum ni diagnostic : « J'ai besoin de faire une pause. Je reviendrai. » Et revenez, si vous le pouvez, sans demander de comptes. Beaucoup de mythomanes perdent tous leurs amis un à un ; être celui qui revient sans exiger compte davantage qu'on ne l'imagine.

Lui proposer de l'aide

Un ami est souvent mieux placé qu'un conjoint pour dire : « Tu sais, ce truc de raconter des histoires, il y a des gens qui aident pour ça, et ce n'est pas une honte. » Une fois. Sans insister. Vous pouvez lui envoyer le parcours « Je mens », qui a été écrit pour être lu seul, sans se sentir accusé.

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