Pour les proches

Mon enfant adulte ment encore

Vous avez cru que ça passerait avec l'âge. Il a 25 ans, 35 ans, et les histoires continuent : le poste qui n'existait pas, la formation jamais suivie, la maladie qui change de nom. Vous êtes fatigué, et vous l'aimez.

Rédigé par l'équipe mythomanie.com  ·  Relecture clinique : en cours (voir ligne éditoriale)  ·  Mis à jour : août 2026

Pourquoi c'est si difficile pour un parent

Parce que vous étiez là au début. Les premiers signes apparaissent vers 16 ans, et vous avez probablement vu, excusé, espéré. Le mensonge de votre enfant adulte porte pour vous une double charge : la peine, et la question « qu'est-ce qu'on a raté ». Commençons par celle-là : la recherche ne permet d'attribuer la mythomanie à aucune faute parentale. Des facteurs familiaux existent parmi d'autres ; aucun parent ne fabrique un mythomane à lui seul.

Le piège du parent : couvrir

Les parents de mythomanes adultes décrivent tous le même engrenage. Il ment à son employeur, vous rattrapez. Il invente une dette, vous payez. Il raconte à la famille une carrière, vous confirmez d'un silence. Chaque rattrapage a une logique (éviter le pire) et un effet (rendre le mensonge sans conséquence). Dans les termes de la thérapie comportementale, vous renforcez ce que vous voulez éteindre.

Cesser de couvrir n'est pas abandonner. C'est la seule façon de laisser la réalité faire son travail, qui est souvent ce qui amène la personne à consulter.

Ce que vous pouvez faire

  1. Dire une fois ce que vous savez

    Calmement, sans inventaire : « Je sais que la formation n'a pas eu lieu. Je ne veux pas d'explication. Je veux que tu saches que je sais, et que je t'aime quand même. »

  2. Fixer ce que vous ne ferez plus

    Pas d'argent pour des projets non vérifiables. Pas de caution. Pas de confirmation de récits devant la famille. Écrivez-le pour vous, tenez-le.

  3. Proposer le soin, une fois, concrètement

    Pas « tu devrais voir quelqu'un », mais : « Voici le nom d'une psychologue qui reçoit pour ça, je peux payer les trois premières séances. » Puis laisser faire. L'annuaire est là pour ça.

  4. Garder un lien qui ne passe pas par les récits

    Un repas, une activité, un coup de fil où vous ne posez pas de questions sur sa vie et où il n'a donc rien à inventer. Les mythomanes se relâchent quand on ne leur demande pas d'être quelqu'un.

  5. Vous faire accompagner

    Un psychologue pour vous, ou un groupe de parents. Vous portez ça depuis des années.

Les situations particulières

Il vit encore chez vous

La cohabitation rend les limites plus difficiles et plus nécessaires. Décidez ce qui est non négociable (contribution, honnêteté sur les démarches administratives) et ce qui relève de sa vie. Un contrat écrit entre adultes n'est pas une humiliation.

Il a des enfants

Vos petits-enfants grandissent avec un parent qui ment. Vous pouvez être pour eux un adulte fiable, sans dénigrer leur parent : « Ton papa raconte parfois des histoires, tu peux me demander ce qui est vrai. »

Il a des ennuis judiciaires

Faux documents, escroquerie, abus de confiance : la mythomanie n'est pas une excuse pénale, mais elle peut être prise en compte par une expertise. Un avocat, et un psychiatre pour l'expertise. Ne payez pas les conséquences à sa place si vous ne l'avez pas décidé à tête reposée.

Il a coupé les ponts

C'est fréquent après une confrontation. Laissez une porte : un message à date fixe, sans question, sans reproche. « Je pense à toi. Je suis là. » Beaucoup reviennent au moment où la fiction s'effondre.

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